• 5 façons d’aider tous les pollinisateurs – pas seulement les abeilles à miel

    Les abeilles à miel, les abeilles sauvages, les papillons, les papillons de nuit, les colibris et les autres pollinisateurs aident à produire plus du tiers de la nourriture que nous mangeons. Ce sont aussi des espèces clés de voûte, sans qui la grande majorité des fleurs sauvages, des arbustes et des arbres seraient incapables de se reproduire, ce qui en retour affecterait d’autres créatures qui comptent sur cette végétation pour survivre. 

    La mauvaise nouvelle, c’est que les pollinisateurs sont en danger. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez les aider – par de nombreux, très nombreux moyens! De votre boisson fouettée matinale aux conseils de jardinage pour les débutants, voici cinq façons de contribuer à la protection des abeilles et de tous les pollinisateurs.

1. Créer des habitats pour les pollinisateurs

Planter certaines variétés de fleurs, d’arbustes, de végétaux, de fruits, de légumes et d’arbres peut aider les abeilles, les papillons et les autres pollinisateurs. Et vous n’avez pas besoin d’une tonne d’espace. Vous pouvez faire pousser des plantes bonnes pour les pollinisateurs dans pratiquement n’importe quel endroit qui a besoin d’un peu de vie, par exemple :

  • balcons
  • toits
  • cours arrière 
  • pelouse
  • jardins communautaires
  • ruelles 
  • terrains vacants

 

La Xerces Society for Invertebrate Conservation offre des listes pratiques en ligne des plantes bonnes pour les pollinisateurs spécifiques aux régions de l’Amérique du Nord (offerts en anglais seulement) ainsi que des conseils sur la planification de l’habitat, la plantation et la protection des pollinisateurs. La liste pour la région du Nord-Est – dont fait partie Montréal, là où se trouve le siège social d’Alvéole – comprend la monarde fistuleuse (ou bergamote sauvage), la rudbeckie laciniée, l’aster latériflore et le bleuet en corymbe. Nous aimons bien le thé Earl Grey et les boissons fouettées aux bleuets!

Tant qu’à y être, pourquoi pas un tournesol géant pour égayer les jours de pluie durant l’été? Ou un peu d’agastache fenouil dont raffolent les abeilles? (Elle a un petit goût sucré de fenouil et de réglisse.) Même planter un arbre peut faire une différence. Un seul chêne peut fournir un habitat à plus de 500 espèces de papillons nocturnes et diurnes

 

Passons maintenant à la partie intéressante pour les jardiniers (et les jardins) paresseux!

Si toute cette plantation semble représenter trop de travail, les choses peuvent être beaucoup plus simples. Les jardins paresseux peuvent surpasser les plantations qui exigent plus de travail. Le militant écologiste David Suzuki a d’excellents conseils sur la façon de créer un jardin bon pour les pollinisateurs sans effort, qu’il s’agisse de laisser les brindilles au sol au printemps ou de ne pas ramasser les feuilles en automne, ou encore de laisser certains légumes de votre jardin faire des graines. 

Tirez ensuite parti des vivaces comestibles en accueillant un peu de vie sauvage sur votre gazon avec de la rhubarbe, de l’oseille et des asperges. Selon la Fédération canadienne de la faune, si toutes les personnes qui ont une pelouse au Canada en convertissaient seulement un quart en pré de fleurs sauvages, nous pourrions ajouter près de 15 000 hectares de nourriture pour les pollinisateurs. Cela pourrait avoir beaucoup d’impact en aidant la population de papillons monarques à se remettre du déclin de 80 pour cent qu’elle a subi en seulement 20 ans. 

Si vous ne savez toujours pas par où commencer, l’essentiel pour vous lancer est de vous concentrer sur la diversité lorsque vous plantez – et sur l’aspect local. Achetez des graines et des semis de plantes indigènes dans des pépinières et des fermes biologiques locales. Voici une liste d’entreprises qui vendent des graines au Canada et une liste pour les États-Unis

Les plantes indigènes attirent des insectes qui, comme les abeilles, peuvent aider à éloigner les animaux nuisibles, en plus de constituer une façon écoresponsable d’accroître le rendement de votre jardin et d’encourager la biodiversité. Il est généralement facile de trouver une liste de plantes qui attireront les petites bestioles utiles dans votre région. Cette liste du Jardin botanique de Montréal nous fait rêver avec ses violettes, ses ménispermacées, son houx et ses asclépiades. 

 

2. Faire un don à des initiatives ou des organismes à but non lucratif voués à la protection des pollinisateurs

Si vous n’avez pas trop envie de jouer dans la terre, vous pouvez quand même soutenir les pollinisateurs en faisant un don à des organismes sans but lucratif comme Xerces et Pollinator Partnership Canada, qui viennent en aide aux pollinisateurs et à leurs habitats. 

Le site Foodtank a publié une liste de 15 organisations dans le monde qui contribuent à sauver les abeilles, dont font partie Pollinator Partnership Canada et The Bee Girl Organization aux États-Unis. 

En outre, les gouvernements canadien et américain ont leurs propres plans pour veiller à la protection des pollinisateurs. La Maison-Blanche a même ses propres abeilles à miel. Et depuis août 2020, c’est aussi le cas de l’édifice du Sénat canadien au centre-ville d’Ottawa – qui héberge maintenant 13 ruches! Nous ne savons pas encore si le premier ministre goûtera au fruit du travail des abeilles cette année. 

 

3. Convaincre votre ville de devenir une Ville amie des abeilles 

Bee City Canada et Bee City USA rassemblent les communautés dans la lutte au déclin des populations de pollinisateurs. En 2021 en Caroline du Nord, la fondatrice Phylis Stiles a commencé à recruter des villes en vue de protéger les habitats des pollinisateurs. En 2015, l’organisme a élargi sa mission pour inclure les campus universitaires et collégiaux (Campus amis des abeilles) et en 2018, l’organisme à but non lucratif international Xerces (oui, encore Xerces) a commencé à gérer les initiatives en pleine croissance. 

Signer une résolution ou travailler en partenariat avec une ville implique que celle-ci crée des activités éducatives, des plaques odonymes avec la mention « Ville amie des abeilles », des politiques gouvernementales qui protègent les pollinisateurs et des habitats accueillants. On compte actuellement plus de 230 villes et groupes amis des abeilles en Amérique du Nord!

 

4. Acheter des aliments, du maquillage et des produits à base de cire d’abeille certifiés respectueux des abeilles  

Avez-vous déjà vu un petit symbole d’abeille sur votre pot de crème glacée? Et sur l’emballage de vos cerises biologiques? Si vous voyez un petit carré avec la mention « Bee Better Certified », cela veut dire que les ingrédients certifiés ont été cultivés sans pesticides sur une ferme qui gère ses bourdons de manière responsable tout en offrant un habitat sûr pour les pollinisateurs et d’autres insectes.

Les fermes elles-mêmes sont vérifiées par un organisme à but non lucratif de l’Oregon. De plus, le programme Bee Better Certified est partenaire de la Xerces Society for Invertebrate Conservation, dont nous avons déjà louangé les mérites plus haut. 

Même si la certification « respectueuse des abeilles » est encore rare, acheter des produits biologiques est une autre bonne façon de savoir qu’au moins, aucun pesticide pouvant nuire aux abeilles n’a été utilisé pour la croissance des plantes. Lisez notre article de blogue sur la façon dont vos choix alimentaires peuvent aider les pollinisateurs

Enfin, maintenant que les clients le demandent, un plus grand nombre de marques de décoration d’intérieur axent leur publicité sur le fait que le miel et la cire d’abeille dans leurs crèmes et leurs bougies sont respectueux des abeilles

 

5. Mettre sur pied un projet éducatif sur les abeilles dans votre entreprise ou votre établissement scolaire

Il n’y a pas de meilleure façon de passer le mot au sujet de l’importance des pollinisateurs que de prendre soin d’une ruche vous-même. L’apiculture urbaine rassemble les personnes autour d’une expérience des plus enrichissantes, dans le cadre d’ateliers interactifs et d’activités inspirantes qui permettent d’approfondir les conversations sur le développement durable. 

Cette solution écoresponsable est abordable et facile à mettre en œuvre. Elle inspire les personnes et les organisations à faire mieux et à faire plus pour l’environnement, tout en leur offrant l’avantage de produire eux-mêmes du miel urbain ultra local! C’est une délicieuse valeur ajoutée que d’inviter votre réseau et votre communauté à se joindre à vous pour constater à quel point les abeilles – et tous les autres pollinisateurs – travaillent fort pour soutenir le monde dans lequel nous vivons. 

Un projet ruche, ça vous intéresse?

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