En 2025, des changements importants ont été apportés à l’évaluation des biens immobiliers du GRESB.
Le GRESB, une organisation qui s’est donné pour mission de fournir aux marchés financiers des données ESG exploitables, ce qui en fait un acteur clé de ces mises à jour. Le processus de reporting du GRESB se déroule du 1er avril au 1er juillet de chaque année, ce qui offre un calendrier structuré aux acteurs de l’immobilier.
Parmi toutes les mises à jour, il y a un thème émergent qui nous réjouit particulièrement.
En effet, l’un des principaux indices de référence de l’immobilier commercial mondial inclut désormais des critères relatifs à la biodiversité du GRESB !
Que signifient les mises à jour de l’évaluation du GRESB en 2025 pour vos biens immobiliers ? Pourquoi est-il important d’avoir une stratégie en matière de biodiversité ? La nature et la biodiversité dans le secteur de l’immobilier n’en sont-elles qu’à leurs débuts ? Poursuivez votre lecture !
Quoi de neuf dans l’évaluation immobilière du GRESB 2025 ?
La stratégie en faveur de la biodiversité et de la nature est désormais incluse
Commençons par examiner de plus près la manière dont le GRESB intègre la nature et la biodiversité dans l’évaluation 2025.
Toute personne effectuant l’évaluation sera désormais invitée à répondre aux questions suivantes :
- Si leur entité dispose d’une stratégie pour traiter les questions liées à la biodiversité et à la nature.
- Décrire comment la stratégie relative à la biodiversité et à la nature prend en compte les dépendances, les impacts, les risques et les opportunités.
Comme c’est la première fois que le GRESB demande une stratégie en matière de biodiversité et de nature, la question est naturellement vaste. Pour l’instant, le GRESB se contente d’évaluer si vous avez mis en place une stratégie.
Si c’est le cas, la question de suivi est ouverte. Il vous appartient d’expliquer comment votre stratégie prend en compte les dépendances, les impacts, les risques et les opportunités liés à la nature.
Il s’agit d’un changement majeur dans les normes du GRESB, qui ouvre la voie à une analyse approfondie de la manière dont la nature et la biodiversité influencent les performances ESG.

Modifications de l’évaluation immobilière du GRESB 2025.
Pourquoi une stratégie en faveur de la biodiversité est-elle importante pour l’immobilier commercial ?
1. L’environnement bâti est à l’origine de la perte de biodiversité
Les résultats de l’étude comparative sur le développement immobilier ont montré que les investissements immobiliers peuvent avoir une incidence considérable sur la biodiversité. Il suffit de penser à l’empreinte des bâtiments, qui prennent la place d’un habitat naturel et contribuent à la pollution. Mais en prenant les bonnes mesures, la société immobilière qui gère ces actifs peut devenir le plus grand allié de la biodiversité.
2. Les réglementations et le cadre des investisseurs évoluent rapidement
Si vous n’avez pas encore entendu parler de la Taskforce on Nature-Related Financial Disclosures (TNFD), vous ne tarderez pas à le faire. Il s’agit d’un ensemble de recommandations qui encouragent les entreprises à évaluer les dépendances, les impacts, les risques et les opportunités liés à la nature, à en rendre compte et à agir en conséquence.
En 2021, plus de 1 200 investisseurs immobiliers, entreprises et fonds d’infrastructure ont participé à l’évaluation du GRESB, ce qui témoigne de son influence croissante.
Le TNFD souhaite que les entreprises fassent part de leur impact sur la nature. L’objectif est d’orienter les flux financiers vers les entreprises qui ont un impact positif.
Avec l’alignement des principaux cadres de reporting internationaux tels que le GRESB sur la directive TNFD, la nature est appelée à devenir un facteur majeur dans les investissements immobiliers.
Le TNFD est un cadre volontaire de divulgation ESG. Mais des centaines de pionniers ont déjà choisi de divulguer leur impact sur la nature aux investisseurs et aux parties prenantes.
De grands fonds (comme BlackRock et HSBC) ont manifesté leur intérêt pour l’alignement sur la directive TNFD. Cela signifie que les gestionnaires d’investissement et les gestionnaires d’actifs seront bientôt contraints de se conformer à la directive, sous peine de ne pas recevoir de financement.
Bien que la divulgation des risques et opportunités liés à la nature soit actuellement facultative en Amérique du Nord, il faut s’attendre à ce qu’elle devienne obligatoire dans les années à venir.
Il suffit de regarder l’Europe pour s’en convaincre. Au Royaume-Uni, les projets de développement doivent obligatoirement respecter le principe du gain net de biodiversité (BNG). La directive sur les rapports de durabilité des entreprises (CSRD) est obligatoire pour environ 50 000 entreprises dans l’UE.
3. Les risques liés à la nature peuvent entraîner des pertes financières
Lorsque les risques liés à la nature ne sont pas maîtrisés, ils peuvent avoir de graves conséquences pour votre propriété.
Sur le plan opérationnel, vous pourriez être confronté à des dommages aux bâtiments, ce qui perturberait les opérations et augmenterait les coûts de maintenance. En matière d’aménagement paysager, les choix les moins durables peuvent entraîner une consommation d’eau ou d’énergie plus élevée.
La nature a également un impact sur l’expérience des locataires. Les performances en matière de durabilité peuvent contribuer à améliorer la qualité de l’air intérieur, la santé mentale et la satisfaction générale. C’est pourquoi les locataires sont souvent prêts à payer plus cher pour des bâtiments certifiés écologiques.
Le risque de réputation joue également un rôle. Si vos biens immobiliers sont susceptibles de nuire à l’environnement et que vous n’avez pas de plan d’action pour réduire cette nuisance, vos parties prenantes s’en apercevront. Une stratégie solide vous aidera à préserver votre bonne réputation.
Si vous attendez pour mettre en œuvre une stratégie en faveur de la biodiversité, vous risquez de vous voir infliger des amendes par la suite. Les recommandations de la TNFD ne sont pas obligatoires pour l ‘instant. Mais comme de futures réglementations sont probables, pourquoi ne pas être proactif et gérer dès maintenant les risques pour vos actifs ?
4. Les investisseurs veulent savoir que vous êtes prêt
Si les raisons précédentes ne vous ont pas encore convaincu, nous avons gardé la plus convaincante pour la fin.
La mise en place d’une stratégie de gestion des risques liés à la biodiversité et à la nature devient de plus en plus importante pour attirer les investisseurs. Ils veulent savoir si vous avez identifié tous les risques potentiels et si vous avez mis en place une stratégie pour les gérer.
Nous avons déjà évoqué la façon dont les risques liés à la nature peuvent affecter les rendements. C’est important pour les investisseurs. Il est compréhensible qu’ils veuillent être sûrs d’investir dans un bien immobilier résistant. Donnez-leur toutes les raisons de croire que votre bâtiment est un investissement judicieux et que vous donnez la priorité aux questions matérielles dans votre rapport ESG.
Certains y voient même un avantage concurrentiel pour attirer les investissements.
Pourquoi les investisseurs s’intéressent-ils à la biodiversité ? Alex Mclean (Alvéole) et Dan Winters (GRESB) en discutent.
Comment démarrer avec l’approche LEAP
Vous avez peut-être lu jusqu’ici et nous vous avons convaincu (ou vous êtes au moins intrigué). Vous souhaitez élaborer une stratégie en matière de biodiversité et gérer les risques liés à la nature pour votre portefeuille. Par où commencer ? Il s’agit d’une tâche intimidante et compréhensible.
Comme pour toute entreprise de grande envergure, il est préférable de la diviser en plusieurs étapes. Pour ce faire, le TNFD recommande le cadre LEAP.

1. Localisezvotre interface avec la nature
Identifiez l’emplacement de chacun de vos actifs et la manière dont ils interagissent avec la nature. Réfléchissez à la manière dont ils sont reliés à l’environnement et aux écosystèmes environnants.
C’est ce type de données sur les actifs qui alimente les rapports du GRESB.
2. Évaluezvos dépendances et vos impacts sur la nature
Examinez la manière dont vos actifs utilisent les ressources naturelles. Cela va de la consommation d’énergie à l’utilisation de l’eau.
Réfléchissez ensuite à la façon dont vos activités pourraient nuire à la nature, par exemple en causant de la pollution ou en perturbant l’habitat.
3. Évaluez lesrisques et les opportunités liés à la nature
Réfléchissez à la manière dont les problèmes environnementaux peuvent présenter des risques pour vos actifs. Pourriez-vous manquer d’une ressource clé ? Faire face à des réglementations environnementales plus strictes ?
Réfléchissez ensuite aux opportunités que la nature pourrait vous offrir. L’adoption de pratiques plus durables pourrait-elle améliorer votre score GRESB ou soutenir votre type d’investissement ?
Le GRESB propose un nombre croissant d’outils analytiques pour aider les entreprises immobilières à gérer ces risques et à en rendre compte.
Conseil : Chez Alvéole, nous avons un outil pour vous aider à identifier et à évaluer les risques liés à la nature de vos bâtiments (en fournissant le type de données validées dont dépend le processus de notation du GRESB).entifier et évaluer les risques liés à la nature de vos bâtiments.
4. Se préparer àrépondre aux questions liées à la nature et à en rendre compte
Enfin, élaborez un plan pour relever les défis environnementaux que vous avez identifiés au cours de cet exercice. Devez-vous modifier certains processus ? Adopter de nouvelles initiatives ? Investir dans de nouvelles technologies ?
Partagez votre plan avec les parties prenantes et tenez-les informées de vos progrès.
Même en décomposant les choses avec l’approche LEAP, il reste la question de savoir comment. Comment identifier les interactions de vos actifs avec la nature ? Comment hiérarchiser les risques potentiels afin d’agir en conséquence ?
Vous n’êtes pas seul dans ce cas. Travailler avec des partenaires ayant une expertise dans ce domaine est une façon pratique de commencer. Chez Alvéole, nous utilisons quelques méthodes pour collecter des données et construire une image claire de l’impact d’un actif sur la nature.
Des outils pratiques pour soutenir votre stratégie
Même en décomposant les choses avec l’approche LEAP, il reste la question de savoir comment. Comment identifier les interactions de vos actifs avec la nature ? Comment hiérarchiser les risques potentiels afin d’agir en conséquence ?
Vous n’êtes pas seul dans ce cas. Travailler avec des partenaires ayant une expertise dans ce domaine est une façon pratique de commencer. Chez Alvéole, nous utilisons quelques méthodes pour collecter des données et construire une image claire de l’impact d’un actif sur la nature.
Analyse géospatiale
Nous utilisons l’analyse géospatiale pour comprendre comment l’emplacement de votre bien affecte la nature et vice versa.
Nous verrons quels types d’écosystèmes existent dans la région, quelle est leur taille et s’ils diminuent ou augmentent au fil du temps. Nous verrons dans quelle mesure la zone naturelle a été morcelée par des routes, des bâtiments et d’autres activités humaines. Enfin, nous examinerons s’il existe des espèces au sein de l’écosystème qui sont susceptibles de disparaître.
Échantillonnage de l’ADN électronique
Pour avoir une idée de l’état de santé du milieu environnant, nous procédons à des prélèvements d’ADN environnemental (ou ADNe). Nous disposons d’une méthode assez particulière pour ce faire.
Nous analysons l’ADN électronique dans le miel produit par la ruche de votre immeuble. Cela nous indique les fleurs que les abeilles ont pollinisées, ce qui nous renseigne sur le nombre d’espèces de fleurs différentes qui fleurissent autour d’un bâtiment (c’est-à-dire sur la biodiversité de la flore locale).

Le miel est récolté dans une ruche urbaine pour être analysé en laboratoire.
Biosurveillance des pesticides
Les abeilles nous aident également sur ce point. Nous plaçons une petite bande de laboratoire à l’intérieur de la ruche de votre bâtiment. Lorsque les abeilles entrent dans la ruche, elles passent sur la bande. La bande détecte les traces de tous les pesticides avec lesquels les abeilles sont entrées en contact dans l’air, dans l’eau ou sur les fleurs. À partir de là, nous pouvons identifier les pesticides nocifs et proposer des alternatives plus sûres.

Une bande de laboratoire est placée à l’intérieur d’une ruche urbaine pour recueillir des traces de pesticides avec lesquels les abeilles sont en contact.
La biodiversité dans l’immobilier commercial n’en est-elle qu’à ses débuts ?
Réponse courte : oui.
Avec l’entrée de la biodiversité du GRESB dans l’évaluation et la montée en puissance de la TNFD, la biodiversité devient un élément permanent des évaluations de référence du développement du GRESB.
Les investisseurs demandent des informations exploitables, et les résultats finaux dépendront de plus en plus de la manière dont vous intégrez les risques et les opportunités liés à la nature dans votre stratégie.
Vous n’avez pas besoin d’une stratégie complète demain. Mais elle arrivera plus tôt que vous ne le pensez.
Les participants obtiennent plus qu’une note, ils gagnent en visibilité, en reconnaissance du marché et en capacité de prendre des décisions d’investissement plus judicieuses sur la base d’indicateurs de performance clairs et cohérents.
C’est l’occasion de prendre de l’avance dans le processus de reporting du GRESB, d’améliorer votre propre score et de constituer un portefeuille prêt pour l’avenir.



