• Qu'est-ce que la pollinisation et pourquoi les abeilles sont-elles si importantes?

    Qu’avez-vous mangé aujourd’hui? Il y a de bonnes chances qu’une partie de ce qui était dans votre assiette y était grâce aux abeilles – et nous ne parlons pas seulement de miel. Mettez-vous à la place d’une abeille et lisez ce qui suit afin de découvrir les secrets de la pollinisation et pourquoi les abeilles et autres pollinisateurs sont si importants pour notre planète.

Une journée dans la vie d’une abeille

Imaginez une seule abeille: appelons-la Béatrice (ou Béa, pour faire plus court).

Quand Béa commence sa journée, sa ruche est déjà en pleine effervescence. Certaines de ses sœurs prennent soin de leurs frères et sœurs qui vont bientôt naître; le couvain. D’autres, comme elle, partent à la recherche de nectar. Pendant ce temps, ses colocataires masculins se prélassent tranquillement en attendant qu’une nouvelle reine émerge dans les ruches voisines.

 

Les fleurs à travers les (trois) yeux d’une abeille

Béa vole vers la sortie, très attirée par la couleur violet. Le violet signifie généralement qu’une fleur est riche en doux nectar sucré. Mais elle n’aime pas que le violet: elle aime aussi le bleu, le jaune et les couleurs de la gamme ultraviolette. Cela ne la dérange pas de ne pas voir le rouge (en fait, elle ne sait pas vraiment ce qu’elle manque), mais les fleurs connaissent ses goûts et elles déploient leurs couleurs les plus belles et les plus vives pour attirer son attention et créer des motifs ultraviolets en forme de piste d’atterrissage! Les humains ne peuvent pas voir ces motifs ultraviolets, mais les abeilles le peuvent.

 

De fleur en fleur

Béa passe sa journée à bourdonner inlassablement de fleur en fleur entrecoupée de voyages de retour à la ruche pour y déposer son nectar. En tant que pourvoyeuse de la famille, vous pourriez penser qu’elle en voudrait à ses frères paresseux; mais elle se concentre plutôt sur ses tâches (sans oublier qu’elle se régale de nectar toute la journée). Alors qu’elle bourdonne de fleur en fleur, elle ignore la plupart du temps le pollen qui s’accumule sur ses petites pattes velues. Elle ne remarque pas non plus qu’elle laisse tomber un peu de ce pollen sur les fleurs qu’elle visite.

 

La pollinisation: essentielle à notre production alimentaire

Et c’est essentiellement ça, la pollinisation… si on oublie les hauts et les bas de la vie en colonie! Les plantes n’ont pas toutes besoin d’être pollinisées, mais la plupart d’entre elles, oui; des amandes aux aubergines, en passant par l’ail (sans parler du café et du chocolat!). Les pollinisateurs sont responsables de la pollinisation d’environ un tiers de tous les aliments que les humains consomment.

 

Qu’est-ce que la pollinisation? 

Vous vous demandez comment la pollinisation fonctionne? Voici comment, concrètement – pour les amateurs de biologie seulement!

Pour produire des fruits, il faut que  les parties femelles d’une plante  avec les parties mâles de la même plante ou espèce; oui, les fleurs ont une anatomie masculine et féminine! Mais l’interaction de ces différentes parties d’une fleur requiert généralement une intervention externe (comme c’est le cas dans, disons, presque tous les contextes de reproduction…!).

La pollinisation se produit donc lorsque des pollinisateurs, comme les abeilles, prennent le pollen collant et poudreux de l’anthère d’une fleur, située à l’extrémité de l’étamine (qui est la partie mâle de la fleur), et le déposent sur le stigmate d’une autre fleur, la surface réceptive de celle-ci, la partie femelle de la plante, appelée pistil (qui ressemble un peu au bec d’un vase étroit et se situe au centre de la fleur).

Lorsque le pollen germe, un tube se développe le long du pistil en forme de vase, permettant aux spermatozoïdes d’atteindre un ovule au fond. Là, un spermatozoïde fusionne avec un ovule pour créer un embryon (ça vous sonne un cloche?). L’embryon devient alors une graine et l’ovaire se transforme en un fruit protecteur (et savoureux!) autour de la graine. Mmm… ainsi naissent les mûres, par exemple.

 

Les pollinisateurs: des ouvriers agricoles invisibles au service de la pollinisation

Les abeilles ne sont pas les seuls pollinisateurs. Les colibris, les guêpes, les coléoptères, les chauves-souris et les papillons sont tous des pollinisateurs, ainsi que différents types d’abeilles, de l’abeille à miel au bourdon, en passant par les abeilles maçonnes, les abeilles coupeuses de feuilles et des centaines d’autres.

Donc, si la plupart des plantes doivent être pollinisées pour porter des fruits, il va sans dire que plus il y a de pollinisateurs, mieux tout ce système se porte.

Cela signifie que toutes les fermes ont besoin de pollinisateurs. Les fermes soucieuses de diversifier leurs cultures et qui plantent des fleurs sauvages aux côtés de leurs cultures vivrières à fleurs peuvent fournir une abondance de nectar aux abeilles sauvages et autres pollinisateurs.

Toutefois, les producteurs qui ne diversifient pas leurs cultures et ne fournissent pas suffisamment de nourriture aux abeilles sauvages doivent souvent compter sur des ruches d’abeilles «migratrices» qui sont déplacées de ferme en ferme par des apiculteurs, ce qui cause souvent un stress important aux colonies.

 

Les monocultures sont des déserts arides pour les pollinisateurs

Imaginez un champ immense, où à perte de vue, rien d’autre ne pousse que des amandes ou des pommes: ce sont ce qu’on appelle des monocultures. Ces fermes sont hostiles aux pollinisateurs en raison de divers facteurs, principalement l’utilisation de pesticides et la perte d’habitat. Elles exigent que les abeilles à miel soient transportées par camion pour la pollinisation.

Un champ de bleuets, par exemple, aura beaucoup de pollen à certains moments de l’année, et absolument rien à offrir aux pollinisateurs le reste du temps. Souvent, les champs sont si grands que les pollinisateurs sauvages ne parviennent tout simplement pas à fournir à la demande lorsque les cultures sont en fleurs, créant un déséquilibre dans l’écosystème. C’est pourquoi les producteurs conventionnels doivent impérativement compter sur les services des ruches migratrices d’abeilles à miel.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un mode de fonctionnement durable, de nombreux producteurs sont contraints d’utiliser des colonies d’abeilles migratrices dans leurs pratiques agricoles, dans le but de suivre les pratiques de monoculture actuelles et dominantes.

 

Quelles menaces pèsent sur les populations de pollinisateurs?

  • Partout dans le monde, nous observons de plus en plus de preuves que les pollinisateurs disparaissent en raison de la perte d’habitat, de l’utilisation de pesticides, de l’introduction d’espèces végétales et animales envahissantes, ainsi que de maladies et de parasites.
  • Ainsi, aujourd’hui, une grande proportion de pollinisateurs est menacée d’extinction.
  • L’Amérique du Nord a perdu plus de 50% de ses colonies d’abeilles domestiques au cours de la dernière décennie.

 

Pourquoi nous devons tous tomber sous le charme des pollinisateurs

Les abeilles sauvages ne peuvent pas être domestiquées, contrairement aux abeilles à miel. En ville, l’apiculture urbaine peut être un moyen d’inviter les gens à penser à planter des fleurs et des plantes qui offrent ressources et habitat aux pollinisateurs, en plus d’ouvrir leur perspective sur l’environnement urbain qui les entoure. Les abeilles italiennes dociles que nous installons en ville chez Alvéole sont d’excellentes ambassadrices pour les milliers d’autres espèces d’abeilles dans le monde!

Chez Alvéole, nous savons qu’en tombant sous le charme des abeilles, les gens comprendront l’importance et l’impact de celles-ci sur notre alimentation et nos écosystèmes.

Envie d’en savoir plus?
Si vous souhaitez en savoir plus sur les activités pédagogiques, les conférences, les activités et les services d’Alvéole, réservez une démo avec l’un de nos spécialistes en apiculture urbaine!